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La gestion des connaissances, un levier encore sous-exploité dans les projets humanitaires

La gestion des connaissances (GC) s’impose comme un enjeu stratégique pour les organisations intervenant dans l’aide internationale. Pourtant, malgré sa reconnaissance, elle reste souvent sous-utilisée, au point que beaucoup d’ONG et institutions peinent à capitaliser leur expérience et à améliorer l’efficacité de leurs projets.

Une enquête menée entre juillet 2022 et avril 2023 auprès de 82 organisations à but non lucratif et internationales implantées au Burkina Faso a permis de dresser un état des lieux précis de l’utilisation de la GC dans le secteur humanitaire (AIMS, Association Internationale de Management Stratégique). Les répondants, issus de structures jeunes comme anciennes, interviennent dans des domaines variés : agriculture, santé, éducation, protection, eau et assainissement, ou encore élevage. Au total, 478 projets ont été analysés.

L’étude révèle que si 51 % des organisations déclarent connaître la gestion des connaissances, près de la moitié ignore en réalité le concept sous ce terme. En revanche, toutes pratiquent la capitalisation, c’est-à-dire l’enregistrement et le partage des expériences acquises, ce qui constitue le cœur de la GC. Les organisations associent principalement la GC au partage des connaissances créées ou identifiées, à l’apprentissage institutionnel et à la capitalisation des acquis.

Cependant, disposer d’un système de GC n’est pas automatique. Parmi celles qui connaissent la GC, seulement 38 % disposent d’un dispositif formalisé, couvrant en moyenne 46 % de leurs projets. Les principaux freins identifiés incluent le manque de personnel dédié, une faible culture organisationnelle autour de la GC, l’insuffisance de communication interne et le manque de temps pour capitaliser les connaissances issues des projets.

Malgré ces limites, les systèmes existants apportent des bénéfices concrets. Les équipes peuvent mieux partager les bonnes pratiques, éviter la répétition des erreurs, et améliorer la qualité et l’efficacité des interventions. Les outils les plus utilisés sont les plateformes de partage de fichiers et les systèmes de gestion de contenu, tandis que les bases de données et logiciels spécialisés restent peu déployés.

En somme, la gestion des connaissances représente un potentiel stratégique pour les organisations humanitaires, mais sa mise en œuvre reste encore trop limitée. Les organisations gagneraient à développer des dispositifs plus systématiques et à renforcer la culture interne autour de la GC afin de mieux valoriser leur expérience et améliorer l’impact de leurs projets.

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