Devenir le plus jeune lauréat du Super Galian à seulement 24 ans n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un alignement entre passion précoce et environnement d’élite. Hugues Richard Sama attribue cette réussite à un mélange de facteurs : une formation solide à l’Université de Ouagadougou et une immersion immédiate, sans période d’acclimatation, au sein de la rédaction de L’Observateur Paalga. Dans ce temple de la presse burkinabè, l’exigence des aînés l’a poussé à être rapidement à la hauteur, transformant ses compétences académiques en réflexes professionnels de haut niveau.
Pour Hugues Richard Sama, le succès d’un grand reportage, même à l’échelle internationale comme au WAMECA (Conférence et les Prix d’Excellence des Médias en Afrique de l’Ouest), repose sur un pilier central : la préparation. Si le terrain comporte une part d’improvisation, la maîtrise de l’exercice passe par l’identification rigoureuse des sources et la collaboration avec des fixeurs locaux pour établir un climat de confiance. Il souligne également que porter le label d’un média respecté constitue un gage de sérieux immédiat, facilitant l’accès à une information complexe et de qualité auprès des populations.
La Profondeur face à la dictature de l’instantané
À l’ère des réseaux sociaux et de l’immédiateté, Hugues Richard Sama défend avec vigueur le grand reportage comme un genre de la lenteur et de la profondeur. Contrairement au flux incessant de l’actualité numérique, le reporter prend le recul nécessaire pour raconter le présent sur le temps long. Pour lui, ce genre reste un bastion d’exclusivité pour les médias traditionnels : là où les plateformes sociales s’arrêtent souvent à la surface, le journaliste rapporte des éléments complets et contextuels, prouvant que son rôle demeure indispensable pour comprendre les zones de conflit et les enjeux de société.