À Kintélé, la première édition du Salon de l’Information, de la Communication et des Médias (SICOM) a réuni pendant trois jours professionnels des médias, journalistes, communicants, créateurs de contenus, universitaires, étudiants et acteurs du numérique autour des transformations qui traversent le secteur.
Du 17 au 19 septembre 2026, le Centre International de Conférences de Kintélé a accueilli panels, masterclasses, ateliers pratiques, expositions, rencontres professionnelles et forum des métiers. Au fil des échanges, plusieurs sujets ont occupé les discussions : évolution des médias, création de contenus, monétisation, intelligence artificielle, désinformation, droits d’auteur et renouvellement des compétences.
Médias et communication face au numérique
La deuxième journée avait notamment permis de confronter les expériences autour de l’évolution des médias traditionnels et en ligne. Les participants ont échangé sur les nouveaux formats, les usages des publics et la place des créateurs de contenus dans un paysage où les frontières entre médias, communication et production numérique deviennent plus poreuses.
L’intelligence artificielle a également occupé une place importante dans les discussions, notamment à travers ses opportunités pour l’information, l’audiovisuel et la communication, mais aussi les questions qu’elle pose en matière de données, de désinformation et de droits d’auteur. La dernière journée a prolongé ces réflexions avec plusieurs panels et masterclasses.
Des débats sur les conditions de développement du secteur
Parmi les sujets abordés figuraient la place des femmes dans les médias, l’histoire de Radio Congo comme outil de libération et d’unité nationale, ainsi que les mécanismes permettant aux entreprises de presse d’accéder aux financements.
Une masterclass consacrée à la préparation d’un journal télévisé et radiodiffusé a notamment porté sur le passage de la conférence de rédaction à l’antenne. Une autre a exploré la frontière entre liberté d’expression et respect de la vie privée.
Ces différentes sessions ont également permis de mettre en avant des professionnels expérimentés et de créer des espaces de transmission avec les jeunes générations.
Trois recommandations pour l’écosystème
Au terme des trois jours, plusieurs recommandations ont été formulées pour accompagner le développement du secteur congolais. Parmi les propositions avancées figurent la création d’un fonds de soutien à la création audiovisuelle, notamment accessible aux jeunes talents, aux acteurs du numérique et aux entreprises indépendantes.
Les participants ont également proposé la mise en place d’un cadre de monétisation des contenus numériques, avec l’objectif de favoriser la pérennité des activités des créateurs de contenus. Autre recommandation : renforcer le rôle des agences de communication et des régies publicitaires établies au Congo dans le déploiement des campagnes publicitaires sur le territoire national.
Ces propositions donnent au SICOM une dimension qui dépasse le simple rendez-vous de networking : celle d’un espace où les acteurs du secteur formulent des pistes concernant les conditions de production, de financement et de développement des activités médiatiques et créatives.
Un hommage à l’histoire de la presse congolaise
La première édition SICOM 2026 a été marquée par une distinction attribuée au président Denis Sassou Nguesso. Il a reçu un Prix spécial de la Liberté de la Presse, présenté par les organisateurs comme un hommage à sa contribution à l’élaboration et à la consolidation du cadre juridique congolais de la liberté de l’information et de la communication, notamment autour de la Loi 08-2001 du 12 novembre 2001.
Une première édition tournée vers la suite
En réunissant professionnels, institutions, entreprises, médias, créateurs de contenus et jeunes talents, le SICOM 2026 aura créé un espace de rencontre autour des mutations du secteur.
Pour cette première édition, les échanges ont surtout mis en évidence plusieurs transformations simultanées : le numérique modifie les usages, l’intelligence artificielle transforme les pratiques, les modèles économiques restent à construire et les compétences doivent évoluer avec ces changements.
La prochaine étape sera désormais de voir comment les recommandations formulées à Kintélé pourront se traduire en initiatives concrètes pour les professionnels et les entreprises de l’écosystème congolais.