Les 8 et 9 octobre 2026, des Jeunes Ambassadeurs mondiaux de la jeunesse de Plan International ont sensibilisé des élèves, des enseignants et des parents à la protection de l’image et des données personnelles en milieu scolaire. Menée à Tenkodogo, au Burkina Faso, dans le cadre du programme Global Youth Ambassadors, cette initiative de plaidoyer entend encourager des pratiques numériques plus responsables et renforcer la protection des droits des enfants.
À l’heure où les smartphones facilitent la prise et le partage instantané de photos et de vidéos, la protection de l’image des élèves devient un enjeu important pour les établissements scolaires. Une photographie prise dans une cour d’école ou lors d’une activité pédagogique peut rapidement circuler sur les réseaux sociaux, parfois sans l’accord de la personne concernée ni une réelle prise en compte des conséquences de sa diffusion.
C’est autour de cette problématique qu’Ignace Kiendrébéogo, Jeune Ambassadeur mondial de la jeunesse de Plan International représentant le Burkina Faso, et son équipe du Conseil consultatif des jeunes de Plan International Burkina Faso ont organisé deux journées de sensibilisation au Lycée municipal de Tenkodogo et au Lycée privé Le Savoir.
Les sessions ont réuni des élèves, des enseignants, des parents d’élèves et des responsables d’établissements. Elles ont été animées par un juriste et chargé d’études de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), avec la participation du ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, représenté par ses services compétents.
Comprendre les règles de protection de l’image
Les échanges ont porté sur le droit à l’image, le consentement, la vie privée et les risques associés à la diffusion non maîtrisée de photographies et de vidéos. Les participants ont également abordé les violences numériques pouvant découler de l’utilisation abusive de contenus représentant des élèves. Au-delà des explications juridiques, les organisateurs ont privilégié une approche participative. Les élèves ont pu poser leurs questions, partager leurs expériences et prendre part à un jeu de questions-réponses.
Pour Yasmine Kamboné, élève en classe de seconde au Lycée privé Le Savoir, cette sensibilisation constitue un apprentissage à partager avec ses camarades. « À mes camarades qui n’ont pas pu participer à la sensibilisation, retenez ceci : on ne doit pas publier l’image de quelqu’un sans son consentement. Nous devons avoir son accord avant de publier son image », témoigne-t-elle.
Koudousse Sambaré, élève en classe de terminale et représentant des élèves au Lycée municipal de Tenkodogo, souligne également les enseignements tirés de l’atelier : « J’ai aimé l’atelier. Nous avons beaucoup appris sur le droit à l’image. Maintenant, je sais qu’il faut éviter de prendre ou de diffuser les photos et vidéos des personnes sans leur accord. »
Les adultes ont, eux aussi, pris part aux discussions. Joseph Nikièma, conseiller principal d’éducation au Lycée municipal de Tenkodogo, insiste sur la nécessité de sensibiliser les communautés éducatives à ces usages. « Il est donc important de savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire en matière de photos et de vidéos, de la prise à la diffusion », estime-t-il.
Des outils pour prolonger la sensibilisation
Pour permettre aux participants de retrouver les informations après les ateliers, des guides consacrés à la protection de l’image et des données à caractère personnel en milieu scolaire ont été distribués. Élaboré avec l’appui de la CIL, ce document constitue l’un des outils produits dans le cadre du projet.
Des affiches ont également été installées dans les établissements afin de rappeler les bonnes pratiques. L’équipe est par ailleurs allée à la rencontre d’autres élèves dans les cours des écoles, notamment ceux qui n’avaient pas pu assister aux sessions en salle.
« Du fait que nous n’ayons pas eu les moyens de sensibiliser le plus grand nombre d’élèves possible dans les salles de classe qui nous avaient été attribuées dans les deux établissements, nous sommes allés vers les élèves qui manifestaient de l’intérêt pour ce qui se passait. Nous avons échangé avec eux et leur avons distribué des guides afin qu’ils prennent conscience de l’importance de la protection de leur image en milieu scolaire », explique Ignace Kiendrébéogo.
Au total, 80 personnes ont été sensibilisées dans les deux établissements. Cette démarche vise à élargir la compréhension du droit à l’image au-delà des seuls élèves, en impliquant également les adultes qui participent à leur encadrement.

Du plaidoyer à des recommandations concrètes
L’initiative s’inscrit dans un processus engagé depuis mai 2026, après une formation en plaidoyer et en gestion de projet suivie dans le cadre du programme Global Youth Ambassadors de Plan International. L’objectif était de concevoir et de mettre en œuvre une action de plaidoyer à l’échelle locale.
Pour préparer les activités, l’équipe a rencontré plusieurs autorités, dont le président de la délégation spéciale de Tenkodogo et le directeur provincial de l’enseignement secondaire du Boulgou. Elle a également obtenu l’autorisation du ministère compétent et bénéficié de l’appui technique de la CIL, notamment pour l’élaboration du guide.
Le projet ne se limite toutefois pas aux séances de sensibilisation. Un document de plaidoyer comportant dix recommandations, accompagné du guide de protection de l’image et des données à caractère personnel des enfants en milieu scolaire, a été remis aux proviseurs des établissements concernés.
Cette démarche vise à encourager une meilleure prise en compte de ces questions dans les pratiques scolaires et à ouvrir le dialogue sur les mesures nécessaires pour encadrer la prise, l’utilisation et la diffusion des images d’enfants. Le proviseur du Lycée privé Le Savoir, Abdoul Karim Kabré, salue l’initiative et souhaite que ce type de sensibilisation puisse s’étendre à d’autres établissements.
Une initiative locale avec une ambition nationale
Pour Ignace Kiendrébéogo et son équipe, les activités menées à Tenkodogo constituent une étape d’un plaidoyer plus large en faveur de la protection des enfants dans les environnements numériques. « Ce projet de plaidoyer que nous mettons en œuvre dans une petite localité peut être un point de départ pour une prise de décision importante au niveau national », souligne le Jeune Ambassadeur, qui appelle les autorités burkinabè à prendre des mesures pour mieux encadrer la prise et la diffusion des images des enfants en milieu scolaire.
L’ambition est de faire évoluer les pratiques au-delà des deux établissements concernés et de favoriser une meilleure appropriation des règles de protection par les élèves, les équipes éducatives et les familles.
À Tenkodogo, cette initiative rappelle que l’éducation au numérique ne concerne pas uniquement la maîtrise des outils, mais aussi la connaissance des droits et des responsabilités qui accompagnent leur utilisation. En associant sensibilisation, production de ressources et dialogue avec les autorités, les Jeunes Ambassadeurs mondiaux de la jeunesse de Plan International cherchent à faire de la protection de l’image des élèves un sujet de préoccupation collective, au sein des établissements comme à l’échelle nationale.

