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The Eyes of Ghana, un documentaire porté par les archives oubliées

Avec The Eyes of Ghana, le réalisateur américain Ben Proudfoot met en lumière le travail de mémoire du cinéaste ghanéen Chris Hesse, ancien cameraman personnel de Kwame Nkrumah. Produit notamment par Barack et Michelle Obama, le documentaire entend faire redécouvrir plus de 1 300 bobines d’archives consacrées à l’indépendance du Ghana et aux luttes de libération africaines.

À 93 ans, Chris Hesse poursuit une mission : préserver et transmettre des images qui témoignent d’un moment déterminant de l’histoire africaine. Ancien cameraman personnel de Kwame Nkrumah, premier président du Ghana, il a constitué et sauvegardé un fonds exceptionnel de films tournés au cours des années 1950 et 1960. Ces images, longtemps restées largement méconnues du public, pourraient contribuer à renouveler le regard porté sur l’histoire du Ghana et, plus largement, sur celle du continent.

Réalisé par Ben Proudfoot, double lauréat des Oscars pour The Queen of Basketball et The Last Repair Shop, The Eyes of Ghana suit cette course contre le temps. Alors que Chris Hesse avance en âge et risque de perdre la vue, il cherche à préserver ces archives et à les rendre accessibles aux générations actuelles.

Des images au cœur de la mémoire africaine

Après le renversement de Kwame Nkrumah en 1966, ses adversaires ont cherché à faire disparaître les traces filmées de son leadership. Chris Hesse est néanmoins parvenu à conserver plus d’un millier de bobines documentant cette période, marquée par les indépendances et les mouvements de libération sur le continent.

Le documentaire explore ainsi la portée historique de ces images, mais aussi les enjeux liés à leur conservation, à leur restitution et à leur diffusion. À travers le parcours de Chris Hesse, il pose une question essentielle : qui conserve les archives d’une histoire, et qui en maîtrise le récit ?

Le projet met également en avant le rôle des producteurs ghanéens dans la valorisation de ce patrimoine. La cinéaste Anita Afonu accompagne notamment Chris Hesse dans la démarche visant à faire découvrir ces images au public ghanéen. Nana Adwoa Frimpong, productrice canado-ghanéenne, et Justice Baido, coproducteur ghanéen, figurent également parmi les talents associés au film.

Une production internationale, des voix africaines

Le documentaire bénéficie de la participation de Higher Ground Productions, la société de production de Barack et Michelle Obama, qui en sont les producteurs exécutifs. Le créateur de contenus IShowSpeed figure également parmi les producteurs annoncés.

La musique, composée par Kris Bowers, a été enregistrée avec le Chineke! Orchestra et des musiciens ghanéens aux studios Abbey Road. Cette collaboration illustre la dimension internationale du projet, tout en mobilisant des contributions artistiques issues de différents horizons.

Présenté au Festival international du film de Toronto en septembre 2025, The Eyes of Ghana a également été mis à l’honneur lors de la soirée d’ouverture du Montreal International Black Film Festival, où près de 400 personnes auraient assisté à sa projection, selon les informations communiquées par l’équipe du film.

Une sortie spéciale d’une soirée aux États-Unis et au Canada est annoncée pour le 28 octobre 2026. Le documentaire doit aussi être projeté au Royaume-Uni, notamment au Bertha DocHouse à partir du 23 octobre, selon les annonces de diffusion communiquées.

Préserver les archives pour transmettre l’histoire

Au-delà du parcours de Chris Hesse, The Eyes of Ghana rappelle la place du cinéma et des archives audiovisuelles dans la construction de la mémoire collective. Les images ne sont pas seulement des traces du passé : leur conservation et leur accès déterminent aussi la manière dont les générations futures pourront comprendre leur histoire.

En plaçant au centre du récit un cinéaste ghanéen et un patrimoine longtemps resté dans l’ombre, le film participe à une réflexion plus large sur la représentation de l’Afrique, la préservation de ses mémoires et la capacité des créateurs africains à faire entendre leurs propres perspectives. L’enjeu dépasse donc la redécouverte de milliers de bobines : il s’agit de préserver des sources historiques susceptibles d’enrichir le récit de l’indépendance africaine et de sa place dans l’histoire mondiale.

L’histoire de ces archives est aussi celle d’une tentative d’effacement de la mémoire. En 1966, lors du coup d’État soutenu par la CIA qui renversa Kwame Nkrumah, les images filmées par Chris Hesse pendant près d’une décennie auraient été brûlées par les auteurs du putsch. Pourtant, le cinéaste ghanéen a réussi à préserver plus de 1 000 bobines consacrées à l’indépendance et à la libération du Ghana, constituant ainsi, selon l’équipe du film, la plus importante collection existante sur cette période. Le 28 octobre 2026, une sortie spéciale en salles aux États-Unis et au Canada doit permettre au public de découvrir ces archives longtemps restées inédites et de renouer avec un pan essentiel de l’histoire africaine.

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