Mag Comms & Marketing Africa N°03

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Le fact-checking face aux nouveaux défis de l’information en Afrique

Journaliste, chercheur et spécialiste du fact-checking, Valdez Onanina évolue depuis plusieurs années au cœur des enjeux liés à la qualité de l’information en Afrique francophone. Dans un entretien avec Comms & Marketing Africa, il revient sur son parcours, les transformations du paysage médiatique et les défis posés par la désinformation et l’intelligence artificielle.

Son parcours l’a conduit de la formation journalistique à Cotonou à plusieurs expériences professionnelles au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Après des passages à l’Agence de presse sénégalaise, au Centre de formation des Nations Unies à Dakar et à l’agence Alerte Info, il rejoint Africa Check en 2016 comme pigiste, avant d’y être recruté en 2017.

Il y exerce successivement différentes fonctions de recherche et de rédaction, puis devient directeur du bureau d’Africa Check à Dakar en 2022. En parallèle, il poursuit ses activités de recherche au sein du Groupe Interdisciplinaire de Recherche sur les Médias et la Communication (GIRMEC), un laboratoire de recherche du Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le fact-checking change d’échelle

Pour Valdez Onanina, le fact-checking en Afrique francophone se trouve aujourd’hui à un tournant. La vérification des faits ne devrait plus se limiter à identifier et corriger les fausses informations. Elle doit également permettre de mieux comprendre les mécanismes de leur circulation.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte où les écosystèmes informationnels sont fragilisés par la circulation rapide des contenus, les insuffisances en matière de culture numérique et les difficultés d’accès à certaines données publiques fiables.

L’enjeu dépasse donc la seule vérification. Il concerne également la capacité des médias et du public à développer des réflexes de recherche, de comparaison des sources et d’analyse de l’information.

Revenir aux fondamentaux du journalisme

L’essor de la désinformation s’accompagne, selon Valdez Onanina, d’une crise de confiance envers les médias traditionnels. Une partie du public se tourne désormais vers les réseaux sociaux, les médias alternatifs et les créateurs de contenu.

Face à cette situation, il défend un retour aux fondamentaux : vérification des faits, transparence, rigueur et responsabilité journalistique. Dans cette perspective, le fact-checking constitue moins une activité distincte du journalisme qu’une pratique qui renforce l’exigence de preuve et de transparence dans le traitement de l’information.

L’intelligence artificielle, nouveau défi

L’intelligence artificielle occupe également une place importante dans sa réflexion. Valdez Onanina appelle les médias à ne pas reproduire les retards observés lors de l’arrivée des réseaux sociaux et à réfléchir dès maintenant aux conditions de son utilisation. Il plaide notamment pour davantage de transparence sur les contenus produits ou assistés par l’IA et pour l’adoption de règles claires au sein des rédactions. Pour les jeunes journalistes, il insiste parallèlement sur la nécessité de préserver les compétences fondamentales du métier : recherche, écriture, vérification, culture générale et capacité à croiser les sources.

Dans notre prochain dossier magazine, Valdez Onanina approfondira les défis du fact-checking en Afrique francophone, la crise de confiance envers les médias, les usages et les risques liés à l’intelligence artificielle, ainsi que les transformations nécessaires des formations en journalisme.

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