Ingénieur du son et documentariste de formation, Seydou Porgo appartient à cette génération de techniciens africains dont le travail, souvent discret, façonne la mémoire sonore des images. Formé à l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS) de Ouagadougou — où il obtient un diplôme de technicien supérieur, un ingéniorat audiovisuel option son, puis un Master 2 en réalisation documentaire — il développe très tôt une double sensibilité : technique et narrative. Pour lui, le son n’est pas un simple accompagnement, mais un espace émotionnel qui guide le regard.
Depuis plus d’une décennie, il collabore avec de nombreux réalisateurs d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs, sur des films de fiction, des documentaires internationaux, des séries télévisées ou des projets radiophoniques multilingues. Son parcours l’amène à enregistrer et concevoir le son dans plusieurs pays, du Burkina Faso au Sénégal, du Mali à la Gambie, jusqu’au Kenya et à l’Éthiopie.
Son travail se distingue par une attention particulière aux voix et aux espaces réels. Dans le documentaire, il privilégie l’authenticité ; dans la fiction, il recherche la précision dramatique : ce détail sonore qui raconte ce que l’image ne montre pas. Cette approche lui vaut plusieurs distinctions, dont le prix du meilleur son au festival Clap Ivoir et l’ISIS Award du meilleur technicien son.
Formateur lors d’ateliers de cinéma et de création sonore, il nourrit aussi son regard à travers le théâtre, la photographie ou le voyage. Aujourd’hui, il poursuit son travail entre cinéma, télévision et documentaire, avec une conviction : avant d’être vu, un film doit être écouté.