Nairobi confirme son statut de capitale technologique du continent. Les 11 et 12 février 2026, l’Africa Tech Summit Nairobi a réuni fondateurs, investisseurs, décideurs publics et leaders d’écosystèmes autour d’un objectif clair : accélérer la structuration et l’intégration de la tech africaine.
Avant l’ouverture officielle du 11 février, la Journée des Fondateurs a donné le ton. Dans une ambiance à la fois premium et collaborative, entrepreneurs et investisseurs ont multiplié les rencontres ciblées, facilitées par l’application Brella. Moment fort de cette séquence : les sessions Open Mic, où chaque fondateur disposait de 60 secondes pour présenter sa vision à un public composé d’investisseurs et de dirigeants d’entreprises. L’exercice, exigeant et rythmé, a illustré la maturité croissante des start-up africaines : clarté stratégique, modèles économiques affinés et ambition régionale assumée. Ce préambule a permis de poser les bases : l’édition 2026 ne serait pas simplement un forum d’idées, mais un espace d’opportunités concrètes.
Dès l’ouverture officielle le 11 février, l’énergie était palpable. L’équipe organisatrice a lancé les travaux en rappelant l’ADN du sommet : « Where African Tech Connects » : là où la technologie africaine se connecte. Le thème qui a traversé les interventions pourrait se résumer en une formule : Build to Last. Construire vite, certes, mais surtout construire durablement.
Parmi les interventions marquantes, Collin Rwabahima (NSSF Uganda) a partagé une vision axée sur la solidité institutionnelle et la croissance à long terme des écosystèmes. Son message : la durabilité financière et la gouvernance stratégique sont des piliers essentiels pour attirer des capitaux patients. Dans une logique plus opérationnelle, Obi Ikegulu, CEO de Cognetiks Consulting, a livré une analyse pragmatique du cloud pour les fondateurs : accélérer le déploiement, optimiser les coûts et structurer l’architecture dès les premières phases de croissance. L’échange entre Shirley Kandabu et Jihan Abass, CEO de Lami Insurance Tech, a rappelé une réalité fondamentale : la résilience constitue la véritable monnaie du fondateur africain. Chaque crise devient une opportunité d’apprentissage.
Paiements et infrastructure, vers une Afrique sans frontières
La scène Moniepoint a concentré plusieurs discussions stratégiques sur l’intégration financière du continent. Wole Ayodele a plaidé pour une transition « de la fragmentation à la fédération », en unifiant les systèmes de paiement pour faciliter le commerce intra-africain. Dans la même veine, Farzam Ehsani, CEO de VALR, a défendu une vision inclusive de l’infrastructure financière, soulignant que l’unité technologique peut contribuer à réduire les fractures économiques. Les stablecoins ont été présentés comme une couche de confiance capable de réduire drastiquement les coûts transfrontaliers et d’atténuer la volatilité, favorisant ainsi un commerce plus fluide. Idorenyin Obong, CEO de Grey, a quant à lui évoqué le potentiel de 8 milliards de dollars lié à l’exportation des talents africains, insistant sur la nécessité d’une infrastructure de paiement transfrontalière robuste pour soutenir la main-d’œuvre numérique.
Intelligence artificielle, entre pragmatisme et montée en compétences
L’intelligence artificielle a occupé une place centrale dans les discussions. Lors d’un échange avec GitHub et Andela, les intervenants ont rappelé que l’IA reste un outil au service des compétences humaines. Brian Murage (Odoo) a défendu une approche pragmatique pour les PME africaines : commencer par automatiser les tâches répétitives et les goulets d’étranglement avant de viser des déploiements complexes. La masterclass dédiée aux équipes « IA-fluentes » a renforcé ce message : l’avantage compétitif de demain repose sur la capacité à former, adapter et structurer les talents locaux.
Agritech et Climate Tech, structurer la nouvelle économie verte
Le Scaling Agritech Masterclass, soutenu par Novastar, a mis en lumière l’importance de la logistique locale et des flux opérationnels dans la réussite des solutions agricoles. La technologie seule ne suffit pas ; elle doit s’ancrer dans les réalités terrain. Les panels consacrés au Climate Tech ont montré que les chocs récents des marchés ont renforcé la résilience des acteurs, favorisant des modèles plus robustes, mieux capitalisés et davantage contextualisés. Au-delà des annonces et des panels, l’édition 2026 de l’Africa Tech Summit Nairobi confirme une dynamique : la tech africaine entre dans une phase de consolidation. Les discussions ne portent plus uniquement sur l’innovation, mais sur la gouvernance, la structuration des infrastructures, la montée en compétences et l’intégration continentale. De la Journée des Fondateurs à l’ouverture officielle du 11 février, Nairobi a servi de catalyseur à une ambition collective : faire de la technologie un levier stratégique de transformation économique durable pour l’Afrique. Plus qu’un sommet, l’ATSNBO 2026 s’impose comme un baromètre de la maturité et des priorités du