« Le journalisme scientifique ne cherche pas à aller vite, mais à aller juste » dixit Kuessi Giraud Togbe

À l’heure où la désinformation gagne du terrain, notamment sur les questions de santé, de climat et de technologies, le journalisme scientifique s’impose comme un pilier essentiel de la crédibilité de l’information en Afrique. Ces enjeux étaient au cœur d’un entretien avec Kuessi Giraud Togbé, journaliste scientifique béninois et responsable éditorial de la plateforme panafricaine All For Sciences Media, engagé dans la vulgarisation des sciences et la lutte contre les fausses informations sur le continent.

Le journalisme scientifique reste souvent mal compris dans de nombreux pays africains, où la majorité des journalistes sont généralistes ou spécialisés en politique, culture ou sport. Pour Kuessi Giraud Togbé, cet échange était l’occasion de lever le voile sur les spécificités de ce métier exigeant, qui consiste à traduire des travaux de recherche complexes en informations accessibles, fiables et contextualisées pour le grand public. Installé à Dakar – Sénégal, Kuessi Giraud Togbé se définit avant tout comme un passionné de vulgarisation scientifique et technologique. À travers All For Sciences Media, il s’est donné pour mission de valoriser les travaux des chercheurs africains, tout en accordant une place particulière aux femmes scientifiques, dont les voix restent encore insuffisamment audibles dans l’espace médiatique.

Crédibiliser l’information face aux fake news

Selon Kuessi Giraud Togbé, l’année 2025 a confirmé le rôle important du journalisme scientifique dans la lutte contre la désinformation en Afrique. Dans un contexte marqué par la viralité des contenus non vérifiés, notamment sur les réseaux sociaux, les journalistes scientifiques ont la responsabilité de s’appuyer sur des sources fiables, des données vérifiées et des experts reconnus. « Le journalisme scientifique ne cherche pas à aller vite, mais à aller juste », insiste-t-il. Cette approche méthodique, parfois perçue comme lente, est pourtant indispensable pour restaurer la confiance du public, en particulier sur des sujets sensibles comme la santé, où les fausses informations peuvent avoir des conséquences directes sur les comportements et les vies humaines.

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