Former aux métiers de l’info-com à l’ère de la digitalisation, regards croisés d’institutions africaines

Le 7 novembre, lors de la dernière journée du Colloque international en hommage au Professeur Serge Théophile Balima, une table ronde a réuni les directeurs d’instituts et les directeurs de départements universitaires de formation en sciences de l’information et de la communication, venus de plusieurs pays africains. Ensemble, ils ont partagé leurs réflexions et leurs expériences autour d’un thème essentiel : « La formation dans les métiers de l’info-com à l’ère de la digitalisation ». Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des pratiques pédagogiques, d’analyser les transformations imposées par le numérique et d’explorer les pistes d’adaptation nécessaires pour mieux préparer les professionnels de demain.

L’Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ISTIC) du Burkina Faso, fort de ses cinquante années d’existence, demeure une référence dans la formation aux métiers du journalisme, de la communication et de la technique des médias. Face à la digitalisation rapide du secteur, l’institut a revu ses curricula afin d’intégrer de nouvelles compétences liées au numérique et à la communication digitale. « Tous les médias publics intègrent désormais le numérique, il fallait que la formation suive », a rappelé un Dr. Alizèta Ouoba nommée, Directrice Générale de l’ISTIC, soulignant l’importance d’une mise à jour constante des programmes pour répondre aux besoins du marché.

Pour Dr. Cyriaque Paré, Directeur de l’ISCOM, la digitalisation ne remet pas en cause les fondements des métiers, mais exige une formation plus exigeante et plus diversifiée. « On aura toujours besoin de journalistes et de communicants formés et professionnels. Le numérique est un outil, pas un substitut. », affirme-t-il. L’ISCOM mise ainsi sur une double approche : la maîtrise des outils numériques et la rigueur professionnelle.

L’École Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication du Mali, quant à elle, propose une offre de formation complète : journalisme radio, télévisuel, presse écrite, communication digitale, politique ou événementielle. Elle dispose également d’un master spécialisé en management des entreprises médiatiques et d’un second centré sur l’image, tout en développant un programme de formation continue.

L’Institut Panafricain d’Étude et de Recherche en Information et Communication (IPERMIC) s’impose comme un espace de réflexion académique et d’innovation pratique. Ses parcours intègre journalisme, communication et recherche. L’ouverture du master en journalisme a permis de renforcer le lien entre théorie et terrain, tout en mettant l’accent sur l’éthique, la déontologie et l’esprit critique.

Tous les intervenants ont insisté sur un même constat : le numérique transforme les pratiques, mais les fondamentaux du métier restent essentiels. Les écoles doivent désormais former des professionnels complets, alliant savoir-faire technique, culture générale, esprit critique et valeurs éthiques.

La formation doit également préparer à l’entrepreneuriat, à la culture d’entreprise et à l’autoformation, des compétences clés pour réussir dans un marché du travail en constante mutation. « Le professionnel doit rester professionnel. Quand le client aura expérimenté le non-professionnalisme, il reviendra. », a résumé Dr. Cyriaque Paré, soulignant la valeur de la compétence et de la rigueur.

Les discussions ont aussi porté sur le rôle des institutions de régulation et d’accompagnement : le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), la Haute Autorité de la Communication, ou encore l’Observatoire Congolais des Médias. Tous ont un rôle essentiel à jouer dans la supervision des formations, la promotion de l’autorégulation et l’éducation aux médias. Les acteurs ont plaidé pour une plus grande équité dans l’intervention de ces instances, ainsi qu’un soutien accru aux initiatives portées par les jeunes professionnels.

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