La communication politique est parfois façonnée par des images inattendues ou par des choix technologiques contestés. Des cas récents en Afrique l’illustrent parfaitement : la photo du président Bassirou Diomaye Faye jouant au Scrabble lors d’un déplacement présidentiel, suivi d’un moment face à la tribune de l’ONU sans discours et la vidéo-bilan du président Paul Biya, produite avec des contenus générés par intelligence artificielle.
Le Président Diomaye Faye : le Scrabble avant l’ONU
Une photo du président sénégalais, jouant au Scrabble à bord de l’avion présidentiel – Pointe Sarène, lors d’un déplacement présidentiel a largement circulé.
Beaucoup l’ont perçue comme une image simple, humaine, qui tranche avec les codes protocolaires. Pour ses détracteurs, ce cliché traduit une légèreté déplacée, voire une déconnexion face aux enjeux géopolitiques et aux urgences nationales.
Arrivé devant l’ONU, le président s’est retrouvé face à un temps mort, sans discours, suscitant un flottement visible. Ses partisans, eux, y voient une erreur de forme qui ne doit pas occulter la volonté de défendre les priorités du Sénégal sur la scène internationale.
Le Président Paul Biya : une vidéo-bilan avec de l’IA
Au Cameroun, c’est une autre image qui a retenu l’attention. L’équipe de communication du Président Paul Biya a diffusé une vidéo-bilan de ses réalisations, intégrant des images générés par intelligence artificielle.
Ce choix a rapidement suscité des critiques : plutôt que de recourir à des images artificielles, beaucoup estiment qu’il aurait été plus pertinent de montrer de véritables images des projets réalisés. Le risque est clair : en voulant moderniser la communication avec l’IA, le message peut perdre en crédibilité et renforcer l’idée d’un bilan enjolivé.
Deux cas, une même leçon
Ces deux situations illustrent les défis de la communication politique en Afrique. L’authenticité peut séduire mais aussi exposer à des critiques, comme pour Diomaye. La technologie peut moderniser mais aussi décrédibiliser si elle remplace la réalité, comme pour Biya. Entre images spontanées et productions numériques, la clé reste la même : convaincre par des signes crédibles et alignés avec les attentes citoyennes.