Le 2 avril 2026, Libreville a accueilli la première édition du PROCOM Forum, un rendez-vous professionnel qui marque une étape importante dans la structuration du secteur de la communication en Afrique centrale. Initié par Manying Garandeau et le Cabinet Le K, avec l’appui du Ministère de la Communication et des Médias du Gabon, l’événement a réuni plus de 300 participants issus de cinq pays, confirmant l’intérêt croissant pour des espaces de dialogue capables de fédérer un écosystème encore fragmenté.

Derrière cette initiative, une conviction forte portée par Manying Garandeau : la transformation des secteurs passe autant par les idées que par les rencontres. L’organisatrice souligne que certaines conversations permettent d’affiner les convictions, de challenger les certitudes et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Dans cet esprit, le PROCOM Forum s’est voulu bien plus qu’un simple événement : un cadre propice à l’élévation des pratiques, à la confrontation des points de vue et à la construction de visions communes capables de dépasser les dynamiques individuelles.
Médias et souveraineté informationnelle au cœur des débats
Le premier panel a posé les bases d’une réflexion stratégique autour des médias et de la souveraineté informationnelle, dans un contexte où la maîtrise de l’information devient un enjeu de compétitivité et d’indépendance. Des acteurs tels que Deoly Houndy, Ali Reynald Radjoumba ou encore Eric Fernand Boundono ont croisé leurs analyses avec celles de Modeste Okome, Joelle Ededeghe Ndong et Harold Leckat Igassela. Ensemble, ils ont interrogé les leviers de confiance, d’indépendance éditoriale et de compétitivité dans un paysage médiatique en pleine mutation.

Former, structurer et valoriser les talents
Le deuxième panel s’est concentré sur les enjeux de professionnalisation et d’évolution des métiers de la communication. Dans un environnement marqué par l’accélération des transformations, des profils complémentaires comme Marlyne Scotto di Mase, Sylvie N’tchandi Touré, Holden R. Opolo Mbany ou encore Oxens Emane Ben Joshua ont partagé leurs expériences. À leurs côtés, des figures issues de la création de contenu comme Martine Lomba et Braddy Jordan ont illustré l’évolution des métiers vers des formats hybrides, mêlant communication, influence et entrepreneuriat.
Intelligence artificielle et marketing digital, au cœur des transformations
Moment fort de cette première édition, le troisième panel a mis en lumière le rôle structurant du marketing digital et de l’intelligence artificielle dans la transformation des organisations. Sous l’impulsion de Yannick Ebibie, des experts comme Laïka Mba, Beranger N., Johann Freixas, Chrismain Babala et Melba Orlie Nzang Meyo ont analysé les mutations en cours. Les échanges ont débouché sur plusieurs recommandations structurantes : renforcer l’implication du secteur privé dans l’élaboration des cadres réglementaires liés à l’intelligence artificielle, soutenir les startups locales pour réduire la dépendance technologique, investir dans des infrastructures de données stratégiques, développer une vision internationale de l’innovation gabonaise et accélérer les politiques d’inclusion numérique afin de limiter les fractures sociales. Ces orientations traduisent une ambition claire : positionner le Gabon comme un acteur souverain et compétitif de l’économie numérique en Afrique.
Régulation, éthique et gouvernance, les équilibres à construire
Le quatrième panel a abordé les questions de régulation et d’éthique, devenues centrales à mesure que les métiers évoluent. Des responsables institutionnels et experts tels que Anaclet Ngoua, Germain Ngoyo, Alberto Mounguengui Moudoki, Célestin Kadjidja et Edoh Signon ont échangé avec les participants sur les cadres nécessaires pour accompagner durablement les transformations, en conciliant innovation, responsabilité et régulation.
Une cérémonie de distinctions pour saluer l’excellence
La journée s’est conclue par une cérémonie de distinctions marquée par la remise d’une vingtaine de trophées à des entreprises, institutions et personnalités ayant marqué le secteur. Parmi les lauréats figurent Canal+ pour la meilleure campagne de communication, BGFI pour la communication institutionnelle, Comilog pour la communication responsable, Gozem pour l’innovation marketing, ou encore École 241 pour le développement des talents. Invité spécial de cette première édition, Michel Russel Lohoré s’est vu décerner le Prix d’Honneur pour la Promotion de la Communication en Afrique, une distinction symbolique saluant son engagement en faveur du développement de la profession sur le continent. Le trophée lui a été remis par le Vice-Président de la République, Alexandre Barro Chambrier, conférant à cette reconnaissance une portée institutionnelle forte.

Une dynamique appelée à durer
Au-delà des panels et des distinctions, le PROCOM Forum s’est imposé comme un espace d’échanges exigeants, réunissant institutions publiques, entreprises, médias, agences et jeunes talents autour d’un objectif commun : faire progresser les pratiques et renforcer l’impact de la communication dans les transformations économiques et sociales. La présence de hautes personnalités, dont Germain Biahodjow et Mark-Alexandre Doumba, a contribué à asseoir la crédibilité et la portée stratégique de l’événement.
Si cette première édition apparaît comme un succès, elle pose surtout les bases d’un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée. En fédérant les acteurs autour d’une vision commune et en initiant une dynamique collective, le PROCOM Forum dépasse le cadre d’un simple événement pour s’affirmer comme un levier structurant pour l’avenir de la communication en Afrique centrale.