La communauté Social Media Room Burkina Faso a organisé, le 1er mai 2026 à Ouagadougou, “Déconnexion” : une initiative originale invitant les professionnels du digital, entrepreneurs et créatifs à… poser leurs téléphones. Dans un environnement ouvert, propice aux échanges humains et à la réflexion, l’événement a offert une parenthèse rare dans un quotidien marqué par l’hyperconnexion.
L’idée était simple mais forte : s’éloigner des écrans pour mieux se reconnecter à l’essentiel. En favorisant les discussions en face-à-face, les organisateurs ont voulu créer un cadre authentique où les participants peuvent partager librement leurs expériences, leurs difficultés et leurs aspirations.
Repenser sa relation au travail et à la pression
Très vite, les échanges ont mis en lumière une réalité largement partagée : la difficulté à gérer la pression constante dans les métiers du digital. Ce thème a été approfondi par Edéou Bayoulou, spécialiste en communication et marketing et coach professionnelle, qui a insisté sur l’importance de l’intelligence émotionnelle pour faire face aux exigences du secteur. Entre notifications permanentes, attentes des clients et rythme soutenu, les participants ont reconnu la nécessité de s’accorder des moments de pause. Se déconnecter volontairement, même quelques heures, apparaît désormais comme une pratique essentielle pour préserver sa santé mentale et maintenir sa performance.
Créer des limites pour mieux respirer
Plusieurs témoignages ont illustré cette volonté de redéfinir les frontières entre vie professionnelle et personnelle. Certains optent pour des stratégies concrètes : téléphone dédié au travail, séparation stricte des usages ou encore coupure totale après les heures de bureau. Derrière ces pratiques, un même besoin : reprendre le contrôle sur son temps et éviter l’épuisement. Car comme l’a souligné un participant, négliger son bien-être revient à fonctionner « à batterie faible », avec un impact direct sur la créativité et la productivité.
Clients, critiques et protection des créatifs
La gestion des clients a également occupé une place centrale dans les discussions. Tous les participants s’accordent sur un point : la relation client peut devenir une source majeure de stress, surtout lorsque les retours sont perçus comme brutaux ou injustifiés. Dans ce contexte, la protection des profils créatifs apparaît essentielle. Graphistes, vidéastes ou community managers étant fortement investis émotionnellement dans leur travail, il est recommandé d’instaurer des intermédiaires capables de filtrer et reformuler les retours. Cette approche permet non seulement de préserver la motivation des équipes, mais aussi d’améliorer la qualité des livrables en maintenant un climat de travail sain.
Intelligence émotionnelle et résilience au quotidien
Au cœur des échanges, l’intelligence émotionnelle s’impose comme une compétence incontournable. Savoir gérer la frustration, prendre du recul face aux critiques et ne pas confondre jugement professionnel et attaque personnelle sont devenus essentiels. Les participants ont partagé plusieurs mécanismes de gestion du stress : sport, moments dans la nature, déconnexion volontaire ou encore capacité à passer la main en cas de surcharge émotionnelle. Autant de leviers pour préserver l’équilibre personnel dans un environnement exigeant.

Des parcours inspirants et engagés
L’événement a également été marqué par des témoignages inspirants, notamment celui de Rachid Yardenga, conseiller en santé et assistant de recherche, qui anime une communauté digitale engagée autour de la santé avec Good Health. Il a partagé son parcours, construit sur la persévérance, l’authenticité et la volonté de toucher les jeunes à travers le digital. De son côté, Valentin Waongo, fondateur de Valo Digital, est revenu sur son parcours autodidacte et les défis de l’entrepreneuriat numérique. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la structuration de son activité, à la gestion des équipes et à la pression constante du marché.
Dans une logique de transmission, un programme de mentorat a été présenté pour permettre aux jeunes professionnels de bénéficier de l’accompagnement d’experts du secteur. Une initiative qui vise à renforcer les compétences, mais aussi à structurer davantage l’écosystème digital local.
Un moment de partage dans un cadre ouvert
Fidèle à son concept, “Déconnexion” a misé sur une atmosphère détendue et participative. Les activités ludiques ont renforcé la cohésion entre participants, tout en illustrant l’importance de la communication et de la confiance. La journée s’est conclue par des moments de réseautage, une séance photo et des témoignages, dont celui de Madame David Sonda, styliste, qui a salué une initiative motivante et inspirante.
À travers cet événement, Social Media Room Burkina Faso propose une réflexion essentielle : dans un monde dominé par les écrans, savoir se déconnecter devient une compétence stratégique. En encourageant les échanges humains dans un environnement ouvert, “Déconnexion” rappelle que l’innovation et la performance passent aussi par le bien-être, l’écoute et le partage. Une approche qui pourrait bien redéfinir les pratiques du digital au Burkina Faso.
