Comment aider les jeunes à mieux s’informer, à vérifier les contenus qu’ils consultent et à exercer leurs droits dans l’espace numérique ? Organisé du 8 au 10 octobre 2026 à Douala, au Cameroun, le Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information (SALEMI) a réuni des professionnels des médias, des experts, des acteurs éducatifs et des jeunes autour de ces enjeux. Cette édition a mis l’accent sur les réponses pédagogiques à la désinformation et sur la participation des jeunes à la gouvernance numérique.
Placée sous le thème « Médias, citoyenneté numérique et démocratie : l’EMI sur tous les fronts », cette édition a bénéficié du parrainage du ministère camerounais de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC) et du soutien de CFI Médias. Après un webinaire de lancement consacré aux vulnérabilités informationnelles des jeunes et aux stratégies pédagogiques favorisant leur inclusion sociale, le salon a officiellement ouvert ses portes le 9 octobre.
La cérémonie a notamment été marquée par les interventions de Badal Fohmoh, présidente et initiatrice du SALEMI, du représentant du ministère et de Blaise Pascal Andzongo, expert-consultant international en éducation aux médias et à l’information en Afrique francophone. Les discussions ont porté sur les réalités nationales, les difficultés rencontrées sur le terrain et la nécessité de développer des réponses adaptées aux contextes locaux.
Vérifier l’information, une compétence citoyenne
Parmi les sujets abordés, la lutte contre la désinformation a occupé une place importante. Un panel consacré à la question « Éduquer à vérifier : quelles pédagogies face à la désinformation ? » a réuni des journalistes, des fact-checkeurs et des spécialistes de l’éducation aux médias, notamment du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et de France.
Les échanges ont souligné l’importance d’apprendre aux citoyens à examiner les sources, à confronter les informations et à vérifier les contenus avant de les croire ou de les partager. Dans un environnement où les informations circulent rapidement sur les réseaux sociaux, ces réflexes constituent un enjeu pour la qualité du débat public.
Le salon a également abordé les vulnérabilités informationnelles des jeunes, en interrogeant les méthodes pédagogiques susceptibles de renforcer leur esprit critique et de mieux les préparer aux usages numériques.
La jeunesse appelée à participer à la gouvernance numérique
Le SALEMI a aussi consacré un panel au droit numérique et au plaidoyer des jeunes auprès de l’Union africaine. Les discussions, auxquelles ont participé Aminata Samassekou, coordinatrice nationale de Komunitas au Mali, et Sally Bilaly Sow, directeur exécutif de Villageois 2.0 et directeur de publication de GuinéeCheck, ont mis en avant la nécessité de renforcer la participation des jeunes aux débats sur leurs droits et sur la gouvernance numérique.
L’enjeu dépasse la seule maîtrise des outils technologiques. Les jeunes sont aussi concernés par les règles qui encadrent les espaces numériques, la protection des droits et les décisions qui façonnent ces environnements. Leur participation aux processus de plaidoyer peut ainsi contribuer à faire entendre leurs préoccupations et leurs propositions.
Le dessin pour sensibiliser les plus jeunes
La sensibilisation ne s’est pas limitée aux conférences et aux panels. Le Challenge dessin d’EMI, organisé dans le cadre du programme CRITIKIDS, a mobilisé des élèves du Lycée français Dominique Savio de Douala et du Lycée polyvalent de Bonabéri autour de questions comme la désinformation, les réseaux sociaux et le cyberharcèlement.
Soutenu par le dispositif STAFE du Consulat général de France à Douala, le programme a donné lieu à une remise de diplômes, de dotations pédagogiques et de bourses d’encouragement aux lauréats.
Cette initiative illustre l’intérêt des approches éducatives qui associent créativité et réflexion critique. Le dessin offre aux élèves un moyen d’exprimer leur compréhension des risques numériques et de participer à la sensibilisation de leurs pairs.
De la sensibilisation aux pratiques durables
Au terme de ces trois journées, le SALEMI 2026 aura mis en discussion plusieurs dimensions complémentaires de l’éducation aux médias : apprendre à vérifier l’information, comprendre les droits numériques, participer aux débats citoyens et sensibiliser les jeunes dès l’école.
Pour les professionnels des médias, les éducateurs et les acteurs de la communication, ces enjeux rappellent que la lutte contre la désinformation ne repose pas uniquement sur la production de contenus fiables. Elle nécessite également de développer les capacités du public à les comprendre, à les questionner et à les utiliser de manière responsable.
Le défi reste désormais de prolonger les échanges par des actions pédagogiques concrètes, adaptées aux réalités des différents pays et accessibles au-delà des événements spécialisés. Car l’éducation aux médias et à l’information ne se limite pas à un rendez-vous : elle s’inscrit dans un apprentissage continu, au service de citoyens mieux informés et plus autonomes.

