Le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a procédé, vendredi 27 février 2026, au lancement officiel de son journal institutionnel en langue arabe, « Al Massirah » (Le Parcours), lors d’une cérémonie organisée au Building administratif. L’événement a également marqué la Journée d’inclusion de la langue arabe et la présentation de la version hebdomadaire en arabe du quotidien national Le Soleil.
Selon Le Soleil, ce nouveau titre vise à affirmer l’arabe comme levier d’inclusion linguistique dans la communication publique et comme vecteur de coopération internationale. L’objectif affiché est de réduire les inégalités d’accès à l’information pour les arabophones, d’associer les médias publics arabophones comme instruments de cohésion nationale et d’établir des ponts diplomatiques et médiatiques avec le monde arabe (Le Soleil, 27 février 2026).
Le journal « Al Massirah » n’est pas une création ex nihilo. Toujours d’après le quotidien national, le titre existait déjà au début des années 1960, sous les premiers gouvernements du Sénégal dirigés par Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, pour porter en arabe la voix de l’Exécutif. Sa relance s’inscrit ainsi dans une continuité historique (Le Soleil, 27 février 2026).
Pour Habibou Dia, directeur de la Communication, le gouvernement perpétue la tradition de considération de cette « langue d’histoire, de science, de commerce et de religion », rappelant que l’arabe était enseigné dans des centres prestigieux comme Pire ou Tombouctou avant la colonisation et demeure central dans l’enseignement islamique au Sénégal. Il a également souligné que les communiqués du Conseil des ministres sont désormais systématiquement traduits en arabe et que cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le Sénégal occupe une place de choix au sein de l’OCI et soutient la cause palestinienne (Le Soleil, 27 février 2026).
La cérémonie a aussi été l’occasion de mettre en avant la version arabe hebdomadaire de Le Soleil, lancée le 12 mars 2025 et paraissant chaque jeudi. Le directeur général de la Société sénégalaise de presse et de publication (Le Soleil), Lamine Niang, a précisé qu’il ne s’agit pas d’un journal religieux, mais d’un choix stratégique, géopolitique et culturel visant à vulgariser les actions gouvernementales et à affirmer la mission de service public du quotidien. Il a indiqué que 28 % de la population sénégalaise parle et lit régulièrement l’arabe, et que dans quatre régions, cette langue est la plus usitée (Le Soleil, 27 février 2026).
Mor Loum, coordonnateur de la traduction du Soleil arabe, a pour sa part exprimé la satisfaction des intellectuels arabophones, qui se sentent davantage associés à la construction nationale et à l’éveil des consciences (Le Soleil, 27 février 2026).
La cérémonie a été présidée par le ministre Alioune Sall, en présence de Marie Rose Faye, ministre porte-parole du Gouvernement. Le ministre a salué un « impératif démocratique » conforme à l’Agenda national de Transformation et au New Deal technologique, insistant sur le fait que l’inclusion numérique doit nécessairement être linguistique. « L’accès aux infrastructures numériques doit s’accompagner d’un accès équitable aux contenus et à l’information », a-t-il déclaré, soulignant que les zones fortement marquées par l’enseignement arabo-islamique doivent pouvoir accéder, dans leur langue pratiquée, aux informations publiques et aux opportunités offertes par l’État (Le Soleil, 27 février 2026).
Avec la relance de « Al Massirah » et la consolidation du Soleil version arabe, l’État sénégalais affirme ainsi sa volonté d’inscrire l’arabe au centre de sa stratégie de communication institutionnelle et d’inclusion informationnelle (Le Soleil, 27 février 2026).