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L’agilité et la gouvernance, boussoles de l’Afrique face à l’IA

Dans un contexte mondial marqué par l’accélération fulgurante de l’intelligence artificielle (IA), les questions de gouvernance, d’éthique et de souveraineté numérique deviennent centrales. Chercheur en politiques numériques et en gouvernance de l’IA, Alfred Bewindin Sawadogo fait partie des voix africaines qui tentent de structurer le débat autour des risques, des opportunités et des responsabilités liées à cette révolution technologique. Dans cet article, il revient sur son parcours, les enjeux géopolitiques de l’IA, les défis spécifiques du continent africain et les compétences indispensables pour les professionnels de la communication et du marketing à l’ère de l’automatisation cognitive.

Titulaire d’un doctorat en télécommunications, Alfred Bewindin Sawadogo s’est progressivement orienté vers les politiques publiques du numérique, l’éthique technologique et la gouvernance de l’intelligence artificielle. Son travail de recherche se situe à l’intersection des technologies émergentes, des enjeux sociétaux et des cadres réglementaires. Selon lui, l’intelligence artificielle se distingue des précédentes révolutions technologiques par trois caractéristiques majeures : sa rapidité de diffusion, son caractère transversal et sa capacité à automatiser des tâches intellectuelles.

« La révolution industrielle automatisait principalement le travail physique. L’intelligence artificielle, elle, automatise désormais des fonctions cognitives et intellectuelles », explique-t-il. Le chercheur rappelle que des outils comme ChatGPT ont atteint des centaines de millions d’utilisateurs en seulement quelques années, illustrant une vitesse d’adoption inédite dans l’histoire des technologies.

Trois grandes catégories de risques

Au cours de l’entretien, Alfred Sawadogo a structuré les risques liés à l’IA autour de trois grandes catégories. La première catégorie concerne les usages malveillants. L’IA facilite aujourd’hui l’industrialisation des cyberattaques, du phishing, des deepfakes et de la désinformation. Le chercheur évoque également les risques liés aux technologies CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires), où l’IA pourrait être utilisée pour accélérer la conception d’armes ou de pandémies artificielles. « Les fake news deviennent de plus en plus sophistiquées. Sans éducation au numérique et à la vérification des sources, les sociétés deviennent vulnérables », avertit-il.

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