L’actrice ivoirienne Eva Guehi a récemment adressé un message fort aux maisons de publicité et aux marques de Côte d’Ivoire, les invitant à transformer l’engouement autour des expressions devenues virales en véritables partenariats structurés avec les artistes.
Actrice, comédienne et dramaturge, Eva Guehi est également enseignante en dramaturgie à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC). Figure reconnue du paysage ivoirien, elle s’est distinguée par des répliques devenues populaires, notamment « Je ne me sens pas bien » ou encore « Autant pour toi, autant pour moi », désormais reprises dans le langage courant et dans certaines campagnes publicitaires.
Dans sa publication du 27 février 2026, l’artiste commence par exprimer sa gratitude envers les marques et le public : « Merci de relayer nos œuvres. Merci d’aimer nos personnages au point de les faire entrer dans votre quotidien. » Pour elle, voir une phrase de film voyager dans la société est une immense fierté, preuve que le public s’est identifié aux personnages et aux émotions portées à l’écran.
Cependant, elle rappelle que derrière chaque expression virale se cache un travail artistique conséquent. « Derrière chaque slogan repris, il y a un artiste, des années de formation, des sacrifices silencieux », souligne-t-elle.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, Eva Guehi plaide pour une collaboration plus formelle entre artistes et entreprises. Elle appelle les marques à associer les comédiens en tant qu’égéries ou partenaires officiels, afin de construire des relations gagnant-gagnant. « Nous rêvons d’être appelés. D’être associés. D’être choisis comme égéries. Non pas par orgueil… mais pour construire ensemble », écrit-elle.
Dans un environnement où certains acteurs lancent régulièrement des appels à l’aide face à des difficultés financières, elle propose d’agir en amont en développant des partenariats durables. Selon elle, intégrer officiellement les artistes dans les stratégies de communication des marques permettrait non seulement de valoriser le talent local, mais aussi de soutenir l’industrie culturelle nationale.
Son message se conclut par un appel à une solidarité plus aboutie entre acteurs économiques et créateurs : ne pas se contenter de faire des artistes des tendances passagères, mais les considérer comme de véritables partenaires dans le développement économique et culturel de la Côte d’Ivoire.