Dr. Cyriaque Paré plaide pour une souveraineté numérique et une éducation adaptée à l’ère de l’IA

Invité de l’émission Surface de Vérité du 9 novembre 2025 sur BF1 TV, Dr Cyriaque Paré, fondateur du journal en ligne lefaso.net et de l’Institut Supérieur de la Communication et du Multimédia (ISCOM), était revenu sur son parcours, la résilience des médias burkinabè et les défis liés à la transformation numérique. Il avait livré un plaidoyer fort pour une souveraineté numérique pleinement assumée et pour une éducation adaptée aux enjeux du digital et de l’intelligence artificielle.

Sur le plateau animé par Aubin Guèbré, Dr Paré avait proposé une analyse approfondie de l’évolution du paysage médiatique burkinabè et africain, à l’heure du numérique et de l’IA. Fondateur du portail d’informations Burkinet.com, devenu par la suite lefaso.net après une cyberattaque qui avait conduit à sa relance, il avait rappelé son rôle pionnier dans la presse en ligne.

« En tant que chercheur et enseignant, j’ai la chance de voir les bonnes pratiques et de les implémenter », confiait-il. Pour lui, les outils numériques offraient des opportunités immenses, encore insuffisamment comprises. Il insistait sur la nécessité de former les citoyens et de sensibiliser les créateurs de contenus aux usages responsables des technologies numériques, citant à titre d’exemple les travaux du Dr Boukary Ouédraogo et sa plateforme SYSTINFO, qui illustraient le potentiel local en innovation digitale.

lefasodigital.net, un espace pour valoriser les talents numériques

Dans la dynamique du 22e anniversaire de lefaso.net, Dr Paré avait annoncé le lancement de lefasodigital.net, une plateforme dédiée à la valorisation des initiatives numériques du Burkina Faso. Il expliquait que l’objectif était de créer un espace mettant en lumière les acteurs locaux, favorisant les échanges thématiques et proposant des ressources utiles à l’écosystème numérique. « Le numérique peut nous permettre d’atteindre un autre niveau de développement, encore faut-il savoir ce qu’on veut en faire », ajoutait-il.

ISCOM : anticiper les mutations du digital

En tant que fondateur de l’ISCOM, il rappelait avoir voulu anticiper les mutations technologiques qui bouleversaient les métiers de la communication. De nombreux établissements, disait-il, n’avaient pas cru à l’arrivée du digital, mais l’école avait fait le pari d’outiller les jeunes pour les nouveaux métiers. Il insistait : « Tous les secteurs passeront par la transformation digitale. Il faut des compétences solides pour accompagner ce mouvement. Il y a de l’argent à faire dans le numérique, mais il faut y investir sérieusement. »

Médias burkinabè : passion, fragilité et besoin de professionnalisation

Évoquant la situation des médias burkinabè, Dr Paré soulignait leur fragilité structurelle, liée notamment à des insuffisances en management et à l’absence de modèles économiques viables.
« Beaucoup créent des médias sans formation adéquate. Les subventions, censées soutenir le secteur, restent insuffisantes. Il faut de la passion, mais aussi une vision de long terme et un modèle éditorial solide », expliquait-il. Face à la montée des créateurs de contenus numériques, il appelait à une régulation équilibrée intégrant tous les acteurs, y compris les GAFAM (Google, Apple, Facebook-Meta, Amazon et Microsoft), absents de l’effort fiscal local.

Pour une souveraineté numérique africaine

Dr Paré rappelait enfin que le numérique n’était pas qu’une affaire de techniciens : il exigeait des compétences variées et une vision globale. Selon lui, la souveraineté numérique africaine reposait sur une volonté politique affirmée, une régulation claire et une éducation numérique citoyenne. Il alertait sur l’impact des réseaux sociaux sur les comportements et soulignait l’urgence de construire une véritable industrie numérique africaine. À propos de l’intelligence artificielle, il mettait en garde contre une adoption non maîtrisée : « L’IA peut être une formidable opportunité, mais aussi une menace. Nous devons l’encadrer, l’expliquer et penser collectivement ses usages. »

Partager cet article
Lien à partager
Article précédent

Burkina Faso et Bénin, deux Semaines du Numérique sous le signe de l’IA et de l’innovation

Article suivant

Recrutements Communication & Marketing 61

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PublicitéEmplacement disponible · 728 × 90
À lire ensuite