La COP30, qui s’est tenue du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil, a illustré à quel point la communication est devenue un levier central dans la lutte contre le changement climatique. Pour la première fois, l’intégrité de l’information a été consacrée comme un volet officiel de l’action climatique, à travers l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le climat, portée conjointement par le Brésil, l’ONU et l’UNESCO. Un fonds dédié a commencé à financer des projets de recherche, du journalisme et des actions contre la désinformation, marquant une étape majeure dans la protection des informations scientifiques fiables.
L’un des points forts de la COP30 a été l’alignement avec les Objectifs de Développement Durable (ODD). Le SDG Pavilion a servi de plateforme d’échange entre gouvernements, société civile, entreprises et jeunes, montrant comment l’action climatique pouvait s’intégrer dans un développement durable global. La santé publique a également été mise au centre des discussions, avec le Plan d’action de Belém pour la santé, lancé par l’OMS, qui a souligné le lien direct entre climat et bien-être humain.
Les discours et interventions, notamment celui du Secrétaire général de l’ONU, ont rappelé l’importance d’une architecture financière juste et d’un rôle renforcé pour les pays du Sud, en insistant sur le fait que la mobilisation de fonds équitables était essentielle pour soutenir l’adaptation et la résilience face au changement climatique. Lors du Africa Day, ce message a été particulièrement mis en avant, rappelant la nécessité d’inclure toutes les voix, notamment celles des pays les plus vulnérables.
Cette édition a marqué une première historique dans la lutte contre la désinformation. Douze pays, dont la Belgique et la France, ont signé la Déclaration sur l’intégrité de l’information sur les changements climatiques, s’engageant à protéger journalistes, scientifiques et chercheurs, et à soutenir un écosystème médiatique diversifié et résilient. Le fonds mondial pour l’intégrité de l’information a déjà financé des projets dans près de 100 pays. Dans ce contexte, la coalition internationale CAAD (Climate Action Against Disinformation), associée à l’Observatory for Information Integrity (OLL), a signalé une hausse de 267 % des contenus trompeurs liés à la COP entre juillet et septembre 2025, citant notamment une vidéo générée par intelligence artificielle montrant Belém inondée, alors qu’aucun élément n’était réel.
Le rôle des médias locaux et régionaux a également été mis en lumière. Lors d’un side event, la Radio-Télévision du Bassin du Congo (RTBC) a été présentée comme un exemple de média jouant un rôle clé dans l’information, l’éducation, la sensibilisation et la mobilisation des populations face au changement climatique. Ces initiatives ont montré que les médias n’étaient pas de simples relais, mais de véritables acteurs de l’action climatique sur le terrain.
La COP30 disposait d’un site web entièrement dédié à l’événement, centralisant tous les contenus médias, actualités, vidéos, photos, infographies, et offrant un accès direct aux plateformes de médias sociaux pour un partage et une diffusion instantanés.
Malgré ces avancées, des défis ont persisté. Le texte final de la COP30 a été jugé minimal sur la sortie des énergies fossiles, comme l’ont rapporté plusieurs médias internationaux, certains craignant un risque de greenwashing. Un incendie sur le site a rappelé l’importance d’une stratégie de communication de crise efficace.
Pour l’avenir, la communication devra continuer à accompagner la mise en œuvre des initiatives, amplifier les voix locales, valoriser les récits humains et simplifier les messages pour toucher le grand public. Entre médias, science et citoyenneté, la COP30 a montré que la communication n’était plus un simple relais : elle est devenue un pilier de la mobilisation climatique mondiale.