Au cœur du Global Digital Health Forum 2025, un panel intitulé « Premiers enseignements tirés de l’évaluation des chatbots multilingues GenAI pour la santé sexuelle et reproductive » a attiré l’attention des acteurs du numérique et de la santé. Cette session, organisée le 5 décembre 2025, au Kenya, a exploré les enseignements tirés de l’évaluation de chatbots à intelligence artificielle générative conçus pour fournir des informations sur la santé sexuelle et reproductive à des jeunes au Kenya et au Sénégal.
Le panel a réuni plusieurs spécialistes clés du domaine de la santé numérique et de l’IA. Parmi eux, Isabelle Amazon‑Brown, consultante en IA éthique, a présenté les principes de sécurité et d’équité dans la conception des chatbots. Brian DeRenzi, de Dimagi, a détaillé les approches pratiques pour construire des modèles multilingues robustes, tandis que Kinty Ndiaye, de l’ONG RAES, a mis l’accent sur l’implication des communautés locales dans la co‑création.
Leonard Waweru, de Shujaaz Inc., a illustré les stratégies de déploiement auprès des jeunes publics, notamment via WhatsApp et d’autres interfaces accessibles (merltech.org). Les intervenants ont souligné l’importance de l’évaluation tout au long du cycle de vie des chatbots, de la conception initiale à l’utilisation réelle sur le terrain, en intégrant la sécurité des réponses et l’impact potentiel sur les utilisateurs (merltech.org).
Au‑delà des réponses, mesurer la pertinence réelle
L’un des points saillants du panel a été l’accent mis sur les différentes facettes de l’évaluation. La sécurité et la pertinence culturelle des réponses fournies par les chatbots sont primordiales, surtout sur des sujets sensibles comme la contraception ou les IST. Les modèles doivent être capables de fournir des informations correctes, sécurisées et adaptées à la culture des jeunes utilisateurs (merltech.org).
L’expérience utilisateur (UX) constitue un autre critère clé. Les jeunes testent directement les chatbots, donnant des retours qualitatifs qui permettent d’ajuster les dialogues, le ton et le niveau de langage, afin d’améliorer l’accessibilité et l’engagement (merltech.org). Les mesures de performance incluent des indicateurs comme le nombre et le type de questions posées, la durée des interactions et le taux de réutilisation. Ces métriques permettent de comprendre si les outils répondent réellement aux besoins des jeunes et maintiennent leur intérêt (merltech.org). Enfin, l’impact sur la santé constitue une dimension essentielle de l’évaluation. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les connaissances, mais d’influencer positivement les attitudes et comportements en matière de santé sexuelle et reproductive (dimagi.com).
Co‑création avec les jeunes : un impératif, pas une option
Un message récurrent du panel a été la nécessité d’inclure les jeunes comme co‑créateurs et non pas simplement comme bénéficiaires. La collaboration avec ces jeunes a permis d’adapter le langage, le contenu et le design des chatbots à leurs réalités culturelles et linguistiques (merltech.org). Cette approche participative garantit que les outils numériques ne sont pas seulement techniquement efficaces, mais qu’ils sont également pertinents, responsables et acceptables pour les communautés visées (sciencedirect.com).
Défis persistants et perspectives
Malgré les avancées, plusieurs défis subsistent. Les biais linguistiques et culturels des modèles IA peuvent réduire la pertinence des réponses ou introduire des erreurs subtiles (sciencedirect.com). La sécurité des conseils donnés, notamment sur des sujets sensibles, reste cruciale. Enfin, mesurer l’impact réel sur la santé et le comportement des jeunes nécessite des études plus poussées et des méthodes d’évaluation rigoureuses (merltech.org). Ces obstacles illustrent l’importance d’un cadre d’évaluation robuste et participatif, combinant données quantitatives et retours qualitatifs des utilisateurs.
Une promesse pour l’avenir
Alors que les chatbots multilingues deviennent plus sophistiqués, ils représentent un outil prometteur pour améliorer l’accès à l’information en santé sexuelle et reproductive, réduire les barrières liées au stigma et autonomiser les jeunes (sciencedirect.com). Le panel a conclu sur une note optimiste : avec une conception rigoureuse, une sécurité intégrée et une adaptation culturelle, ces outils peuvent jouer un rôle clé dans les stratégies de santé publique numérique à l’échelle mondiale (merltech.org).